Avril 2010

Chers amis,

Deux disparus en 1 mois, sale temps pour la chanson française, un amuseur public Patrick Topaloff, un auteur-compositeur qui nous laissait à penser bien au delà de sa voix populaire, Jean Ferrat. A priori tout les opposait et pourtant derrière la gaudriole du premier se cachait souvent la mélancolie pudique, je peux en témoigner moi qui lui ait écrit dans les années 70 quelques chansons bien éloignées de l’image du « j’ai bien mangé j’ai bien bu » qui a fait sa gloire. Quand au second, s’il a toujours véhiculé une identité de chanteur politiquement engagé, son engagement a, je crois d’abord et tout au long de sa carrière, été poétique, aurions nous autant aimé les merveilleux poèmes d’Aragon s’il ne les avait pas fait sortir des manuels scolaires pour en faire d’immortelles chansons portées par une interprétation envoutante ? Oublié le poids des mots et la force des mélodies, il restera encore de Jean Ferrat, cette magie dans la voix qui en fait l’un des plus grands chanteurs français, quand aux esprits chagrins qui seraient tentés de le réduire à la gravité de certaines chansons, je leurs suggère de réécouter « L’idole à papa », « A Brassens », « Sacré Félicien », ou « Une femme honnête » pour se convaincre que l’inoubliable auteur-compositeur de « Ma France » ne manquait pas d’humour et de légèreté non plus. Le sourire de Jean Ferrat et la lueur de malice qui brillaient dans ses yeux, traduisaient bien ce qu’il a été toute sa vie, un homme empreint d’humanité, et lucide sur les soubresauts de son siècle.

J’en arrive à la fin, et je m’aperçois que j’ai oublié de vous parler de moi, vous ne perdez rien pour attendre, je vous donne rendez vous le mois prochain et vous embrasse.
Votre dévoué,

Didier Barbelivien